« Premier roman graphique publié par le nouveau label "Zones" de La
Découverte, Col blanc est un livre tout à fait étonnant. Réalisé dans les
années trente, publié confidentiellement aux Etats-Unis pour la première fois en
1940, ce document social constitue l'une des oeuvres fondatrices du "graphic
novel" américain. Il marque par sa structure - une seule case, muette, par page
- et sa technique - l'usage de la carte à gratter, qui fascine aujourd'hui par
sa puissance expressionniste des auteurs comme Jochen Gerner ou Mathias Lehmann
- aussi bien que par son propos: l'émergence de la conscience sociale d'un
travailleur intellectuel. »
LIVRES HEBDO
« Les éditions La
Découverte lancent un nouveau label, Zones. Il ne sera pas dédié à la BD, mais
ouvre néanmoins le bal avec un roman graphique, Col blanc, de Giacomo
Patri. En grande partie autobiographique, il narre les rêves brisés d'une
famille de la classe moyenne, lors de la crise financière de 1929. Réalisé à la
carte à gratter, cet ouvrage a été publié pour la première fois en 1940 aux
Etats-Unis, et distribué de manière confidentielle dans les milieux syndicaux.
Un livre fortement engagé politiquement, à l'image des prochaines publications
du label (des essais sur la propagande et le terrorisme). L'ouvrage est
disponible en librairie (15 euros) et en ligne gratuitement
(http://www.editions-zones.fr). »
BODOÏ
« Le nouveau label
Zones des éditions La Découverte réédite aujourd'hui ce petit livre oublié,
dessiné en 1940 par Giacomo Patri. L'initiative éditoriale est plus que louable
puisque la lecture de Col Blanc garde aujourd'hui toute sa force
d'évocation et sa puissance graphique. Patri explique la linogravure, technique
cousine de la plus traditionnelle gravure sur bois, et c'est ici près de 130
dessins qui composent un récit entièrement muet et en partie autobiographique.
[...]Patri compose ses pages avec une grande rigueur, jouant des formes
oppressantes et des forts contrastes de lumière. Les perspectives sont fuyantes,
les ouvertures de porte se chevauchent à l'infini, et les décors restent
toujours plongés dans une obscurité menaçante. Par sa finition rustre et
limitant les finesses, la linogravure s'accompagne inévitablement d'un trait de
goudron rendant les regards noirs et les volumes épais d'où les silhouettes
nocturnes peinent à s'extirper. Les personnages trempés dans l'encre semblent
aussi comme toujours trop grands, plaqués au décor environnant qui n'aurait plus
rien d'accueillant, effrayant paysage sans horizon, contexte étouffant et
claustrophobe comme dans un cauchemar dont on ne pourrait se réveiller. Le
caractère entièrement muet du livre achève de donner au récit cette sourde
violence, emportant hommes, femmes et enfants dans le même tourbillon infernal,
tous impuissants face à l'effondrement d'une économie aussi imposante que
fragile. Certes la démonstration ne laisse pas beaucoup de place aux nuances,
mais le récit est suffisamment bien mené pour que le livre puisse développer
avec une sincère implication tous ses atours. Une belle curiosité qui vaut
autant pour son intérêt historique, que pour son esthétique marquante.
»
PARUTIONS.COM
« C'est un roman sans parole, sans texte, dont
les dessins pourraient sortir d'un film de Fritz Lang, Ford ou Capra. [...] Ce
roman graphique militant contient une centaine de dessins stupéfiants qui font
gronder les foules, isolent l'homme humilié, le réduisent à une silhouette
anonyme dans les rues. »
TÉLÉRAMA
« Quiconque ouvre pour la
première fois Col Blanc est avant tout frappé par la beauté du graphisme:
lignes épurées en noir et blanc pour les scènes réalistes de la narration, en
orange pour les images mentales des personnages. La forme du récit est elle-même
originale. Parmi les premiers "romans graphiques" américains, le Col
blanc de Giacomo Patri (1898-1978) se compose de cent vingt-huit planches en
linogravure, une image par page, sans mot; un genre qui inspirera bien des
années plus tard d'autres illustrateurs comme l'Américain Art Spiegelman.
»
OPTIONS
« Entre l'illustration et la bande dessinée, Patri se
révèle avec cet ouvrage comme l'un des précurseurs du "graphic novel", au sens
strict du terme: ici, chaque dessin vaut un texte. »
À NOUS
PARIS
« Publié en 1940 aux Etats-Unis, ce "roman en images", sans
paroles, est entièrement réalisé en linogravure. Il raconte la vie quotidienne
et, surtout, les espoirs brisés d'une famille moyenne de "white collars" (cols
blancs), durant la Grande dépression. Dessinateur autodidacte, italien émigré
aux Etats-Unis en 1916, Giacomo Patri travaille d'abord avec des "cartes à
gratter", technique qui se prolonge dans ce roman largement autobiographique.
Son style tient à la fois de l'expressionnisme allemand et du cinéma muet: sobre
et moderne de style, touchant au coeur par son propos. »
LE
SOIR
« Un superbe "roman graphique" oublié.
»
POLITIS