La manufacture du meurtre

Vie et œuvre de H. H. Holmes, premier serial killer américain

En 1896, à l’âge de 35 ans, Henry Howard Holmes, de son vrai nom Herman Webster Mudget, le premier tueur en série des États-Unis, avoue des dizaines de crimes. Pour mener tranquillement ses activités, il a édifié à Chicago, à quelques encablures des abattoirs les plus sophistiqués du monde, une bâtisse si vaste que ses voisins l’ont appelée le Château. Létal, pratique et confortable, l’immeuble est doté des innovations les plus récentes. Chef-d’œuvre rationnel et mécanique cosy du crime en pantoufles, le projet de Holmes, designer de l’extrême, s’inscrit à merveille dans le projet fonctionnaliste des modernes.
Cette enquête interroge l’émergence quasi simultanée de la révolution industrielle et de la figure du serial killer. Loin d’être une coïncidence, elle annonce la rationalité de nouveaux modes de production dont la chaîne de montage et le meurtre sériel sont deux émanations. Le cas Holmes, anti-héros de l’histoire moderne, permet de mieux saisir le tournant que cette révolution économique, mécanique et culturelle a opéré dans le traitement du vivant.
On trouvera, en annexe de cet essai, la première traduction française des Confessions du tueur, publiées juste avant son exécution, en avril 1896.

Alexandra Midal est commissaire d’exposition et professeur ordinaire en théorie du design à la HEAD-Genève.

 

 

Version Papier 13 €
Version Numérique 10,99 €
ISBN 9782355221323
ISBN numérique 9782355221354
Parution
Nb de pages 128
Dimensions 140 x 205 mm

Actualités

Extraits Presse

En voilà un petit livre étrange et excitant. Son objet c’est H.H. Holmes, considéré comme le premier serial killer américain, convaincu d’avoir tué vingt-sept personnes dans les années 1880, même s’il est possible que ses victimes aient été beaucoup plus nombreuses. Escroc spécialisé dans l’arnaque à l’assurance-vie et la vente de squelettes aux facultés de médecine, il s’est mis très vite à faire le boulot lui-même : tuer pour toucher l’argent de l’assurance et couper, vider, dissoudre les corps pour vendre les os réajustés. […] Mais le sujet du livre, ce n’est pas Holmes lui-même, dont l’histoire a été maintes fois racontée (y compris par Martin Scorsese dans un film qui sortira l’année prochaine). Alexandra Midal est historienne du design. Or la thèse qu’elle défend avec brio tout au long du livre est la suivante : Holmes est un moment de l’histoire du design, sa face sombre (une sorte de anti-William Morris), un homme qui a interprété à sa manière particulière la rencontre de la production en série et du capitalisme.

Xavier de La Porte - Bibliobs - 15/10/2018

Jack l’éventreur, le plus grand sérial killer de l’histoire ? Sans aucun doute le plus célèbre, mais pas forcément le plus efficace. Car à côté de l’Américain Henry Howard Holmes, le Londonien ferait presque figure d’anatomiste dilettante. Mais pourquoi un livre sur un tueur en série dans cette section consacrée aux ouvrages sur le design et le bâti ? Parce que pour Alexandra Midal, l’effroyable Holmes a élevé le meurtre au rang de l’architecture. Professeur en théorie du design à la HEAD-Genève et à l’ENSCI à Paris, elle explique tout au long de 100 pages palpitantes comment la maison qu’il fait construire en 1886 à Chicago a été pensée dans le seul but de tuer et de faire disparaître les corps. Et en quoi, dans la capitale de l’équarrissage industriel, cet abattoir dédié aux humains met déjà en pratique les théories fonctionnalistes des modernes.

Emmanuel Grandjean - Le Temps - 01/12/2018

Un essai passionnant raconte comment Henry Howard Holmes a utilisé les innovations de la révolution industrielle pour construire de ses mains un véritable temple du meurtre. […] L’essai d’Alexandra Midal est court, vif et se garde bien d’établir des conjectures hasardeuses ou de romancer l’ensemble, mais les soixante-quinze pages qui le composent sont absolument fascinantes. D’autant qu’elles sont accompagnées d’un document pour le moins précieux, une traduction des confessions livrées par H. H. Holmes au Philadelphia Inquirer le 12 avril 1896, soit moins d’un mois avant qu’il ne soit exécuté par pendaison. […] Troublant jusqu’au bout.

Thomas Messias - Slate - 18/10/2018

Ce livre n’est pas un récit criminel. Son auteure, professeure de design, resitue cette maison des horreurs dans son contexte. Chicago est la ville la plus moderne du monde, c’est le début du raccommodement gaz, à l’électricité. C’est aussi l’ère de la révolution industrielle et de la mécanisation des usines. Les procédés de Holmes renvoient aux théories fonctionnalistes émergentes et poussent la logique capitaliste à son comble. Un tueur, en somme, qui parle de son époque.

Arnaud Devillard - Sciences et avenir - 01/03/2019

Par son usage d’une installation fonctionnelle ultramoderne mais aussi par sa volonté de standardiser la mort, Homes est [aux] yeux [d’Alexandra Midal] l’un des pionniers de la société industrielle. Elle en tire un essai qui se lit d’une traite, La Manufacture du meurtre. Ni analyse psychologique ni récit d’épouvante, son ouvrage est une réflexion sur la face cachée de nos sociétés modernes.

Xavier de Jarcy - Télérama - 14/11/2018

Qualifié de premier serial killer américain, Henry Holmes avait construit, à la fin du XIXe, une immense maison à Chicago. Équipée des techniques les plus en pointe, il en avait fait une véritable usine à tuer. Dans son livre, la commissaire d’exposition dresse un parallèle entre ces meurtres en série, l’émergence du design moderne et de la production.

Sonya Faure - Libération Week-end - 08/12/2018

Dans La Manufacture du meurtre, l’historienne du design Alexandra Midal explore la « part maudite » du design à travers la figure d’Henry Howard Holmes, tueur en série « designer de l’extrême ».

Sandrine Samii - Le Nouveau Magazine littéraire - 07/11/2018

Table des matières

1. La scène des crimes de H. H.  Holmes : lieu des inventions 
La loi des séries : révolution industrielle, chosification de la femme démembrée et serial killer
moderne
Dark side : le anti-héros en designer
Design et horreur : la « salle des horreurs » du premier musée du design
2. Itinéraire d’un jeune escroc designer de son temps : de Herman Mudgett à H. H. Holmes 
L’arrivée à Chicago
Vols, escroqueries et meurtre de son complice
Le flegme d’un condamné
3. La scène du crime : le château de l’horreur 
Machine à tuer : voûtes et pièces scellées, tombes et crématoires
Climatologie du meurtre : fluides, vapeurs et gaz ; espace, temps et commande à distance ; une
smart house avant l’heure
Meurtres et escroqueries à tous les étages, le capitalisme industriel à la fête
Économie et rendements du corps moderne
4. Les stigmates du mal
La part d’ombre du design
L’art du design
Annexe : Confession de H. H. Holmes.

Vidéo


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