Les Bandits

Robin des bois, bandit au grand cœur, qui vole aux riches pour donner aux pauvres, peut-il être considéré comme un simple « criminel » ? Hors-la-loi sans nul doute aux yeux du souverain, il apparaît en revanche, à l’intérieur de la société paysanne, comme un vengeur, un justicier et un héros. C’est la figure par excellence du « bandit social », personnage qui hante la zone floue entre la criminalité organisée et la révolte sociale.
Des « Haïdoucs », bandits des Balkans, en passant par Jesse James ou Billy the Kid, le grand historien britannique Eric Hobsbawm retrace, dans cet ouvrage passionnant, l’histoire mouvementée du « banditisme social ». En prenant ses distances avec l’histoire officielle, il s’efforce d’inscrire le destin de ces marginaux dans une étude plus large des structures économiques et sociales qui conditionnent leur apparition, en mettant notamment en évidence le lien entre les « épidémies de banditisme » qu’il repère et d’intenses phases de crises économiques. Dans cette histoire de la désobéissance et de la violence, les personnages de bandits apparaissent dans une grande mesure comme les visages d’une réaction des communautés paysannes à la destruction de leur mode de vie.
Si Hobsbawm a voulu écrire l’histoire des bandits, c’est parce qu’il y reconnaît la généalogie primitives des mouvements sociaux et de la révolte politique. La question du bandit, figure de transition entre deux logiques et deux formes d’action reste la suivante, toujours actuelle : comment passer, pour des révoltés, de la délinquance à la politique ?

L’historien britannique Eric J. Hobsbawm, professeur émérite de l’université de Londres, est l’auteur d’une œuvre de renommée mondiale. Il a notamment écrit la trilogie, publiée chez Fayard : L’Ère des révolutions : 1789-1848 (1970), L’Ère des empires : 1875-1914 (1989) et L’Ère du capital : 1848-1875 (1994). Ainsi que L’Âge des extrêmes. Histoire du court XXe siècle 1914-1991 (Complexe, Bruxelles, 1999, 2003). La Découverte a publié Aux armes, historiens. Deux siècles d’histoire de la Révolution française (2007).

 

Traduit de l’anglais par J.P. Rospars et N. Guilhot

 

 

Version Papier 17 €
ISBN 9782355220135
Parution
Nb de pages 228
Dimensions 140 x 205 mm

Extraits Presse

Ce classique des études sur la révolte, les marginaux et le banditisme social, paru à l’origine chez Maspero en 1972, n’a rien perdu de son originalité et de son engagement. L’ouvrage, considérablement remanié, explore le prolongement des mythes et des traditions liés à Robin des Bois dans le monde industriel moderne. Dans un post-scriptum, ce grand historien britannique de 91 ans réaffirme son marxisme, son ancrage à gauche et sa vision d’une humanité en lutte.

Le Nouvel Observateur - 09/10/2008

Déjà publié en France en 1972 par François Maspero, la présente édition a été revue et augmentée. Hobsbawm affine sa précise typologie de la protestation, généralement paysanne contre l’oppression du pouvoir. La méconnaissance des États, de leurs organisations et de leurs limites, offrait le terreau nécessaire à l’épanouissement de la révolte alors que l’amélioration des transports et des communications a précipité la fin de ces hors-la-loi dont il ne reste que de rares résurgences.

Page - 11/09/2008

Au sens large du terme, quoi de plus romantique que la figure du bandit, hors-la-loi évaluant à la marge de la société, à la fois indépendant du système et révélateur de ses défaillances. Du bandit au grand cœur au guérillero révolutionnaire, E. J. Hobsbawm replace les bandits dans la marche du monde en dissipant le nuage mythologique qui les entoure, retraçant les conditions sociales de leur apparition. Un ouvrage à la fois historique et sociologique dans lequel le banditisme se place comme un préambule aux grands mouvements sociaux qui soulèvent le monde. Sur cette quatrième version de son étude (les deux dernières étant épuisées), l’auteur prend en compte le développement du banditisme social dans les économies capitalistes. Un véritable talent de conteur doublé d’un regard perçant et publié à Zones, petite maison d’édition à l’esprit rebelle, chevillé à la plume.

Baptiste - Letsmotiv - 01/10/2008

« La défaite est la mort du bandit, c’est la défaite de son peuple, est qui pis est, la mort de l’espoir » écrit Éric John Hobsbawm au huitième chapitre des Bandits, dont la quatrième édition est parue en 2008. Champion des pauvres, réputé invulnérable, le bandit héroïsé des légendes populaires nous est présenté sous différentes figures, pour lesquelles sont mobilisées des références littéraires, historiques et sociologiques du monde entier. L’auteur, mettant l’accent sur les bandits sociaux des sociétés rurales, revient sur ses travaux fondateurs de 1969, et s’attache à étudier les structures économiques et sociales conditionnant l’apparition de ces hors-la-loi. Plus qu’avant, il se pose la question de la dimension politique des actes de banditisme. Captivante, la lecture des Bandits ne peut qu’être conseillée.

Laure Célérier - Liens socio - 19/11/2008

L’excellente maison d’éditions Zones, a eu la bonne idée de rééditer cet essai de l’historien Hobsbawm, accompagné d’annexes, d’un avant-propos et d’une postface datés de 1999. Dans ce livre, l’auteur étudie la figure du « bandit social », distincte du criminel ordinaire, en ce sens qu’il recherche la sympathie au moins d’une partie des paysans des lieux où il agit et vit, et qu’il n’est pas considéré par tous comme un criminel, mais acquiert au contraire une image de « redresseur des torts », de justicier des pauvres. L’historien revient ainsi sur les bandits mythiques, tels Robin des Bois et Pancho Villa, en interrogeant aussi bien leur histoire que le mythe qui les accompagne, la construction et la réévaluation romantique de leurs images.

[…] Le livre reste une référence qu’il faut lire. Son principal mérite est d’avoir ouvert la voie à une série de recherches et de discussions, auparavant inexistants ou occultées par l’histoire officielle, sur le thème du banditisme social.

Frédéric Thomas - Dissidences

Éric J. Hobsbawm est un historien désormais largement connu et reconnu, y compris en France. Ses livres synthétisant l’histoire économique, sociale, politique et culturelle des derniers siècles ont contribué à sa notoriété. Un de ses premiers textes, Les bandits, a connu voici quelques mois une superbe réédition à La Découverte (col. Zones) qui a le mérite de revenir sur les discussions provoquées par la première édition. L’historien britannique y interroge le phénomène social ancien et tout à fait fascinant du banditisme.

L’auteur s’appuie sur des références littéraires, historiques et sociologiques empruntées aux régions les plus diverses de la planète. Dans cet ouvrage le bandit des légendes populaires est présenté sous différentes facettes. L’intérêt principal de l’approche de Hobsbawm est de placer au centre de sa réflexion la dimension politique des actes de banditisme.

Roland Pfefferkorn - La Marseillaise - 30/07/2009

Robin des bois vole aux riches pour donner aux pauvres. C’est la figure légendaire du « bandit sociale ». Hors-la-loi pour le souverain, il apparaît en revanche comme un vengeur, un justicier et un héros aux yeux de la société paysanne. L’auteur retrace l’histoire mouvementée du « banditisme social ». La question demeure, toujours actuelle : comment, pour des révoltés, passer de la délinquance à la politique ?

Le Monde libertaire - 17/11/2008

Table des matières

Avant-propos
Portrait d’un bandit
1. Les bandits, l’État et le pouvoir
2. Qu’est-ce que le banditisme social ?
3. Qui devient bandit ?
4. Les brigands au grand cœur
5. Les vengeurs
6. Les haïdoucs
7. Aspects économiques et politiques du banditisme
6. Les bandits et la révolution
7. Les expropriateurs
8. Le bandit comme symbole
9. Les expropriateurs
10. Le bandit comme symbole
Annexe A  : Les femmes et le banditisme
Annexe B :  La tradition du bandit
Lectures complémentaires
Postface