Les naufragés du Grand Paris Express


Les aménagements urbains pour les Jeux olympiques 2024 ont suscité de vives résistances, notamment à Saint-Denis et Aubervilliers, au nord de Paris. Mais, au-delà des JO, c’est un immense projet de renouvellement urbain qui se profile avec le Grand Paris d’ici 2030. Dans les banlieues populaires, de nombreuses habitantes et habitants sont expulsés, expropriés de leur maison, relogés dans un autre logement social et doivent laisser place aux 68 futures gares du nouveau réseau de transport du Grand Paris Express.
Autour de chacune de ces gares, de grands projets urbains prévoient la démolition de milliers de logements sociaux, reconstruits plus loin, plus chers, tandis que les prix immobiliers augmentent rapidement dans le parc privé. En décalage complet avec les besoins des classes populaires qui se paupérisent depuis des décennies, la Métropole du Grand Paris se construit pour tenir son rang dans la concurrence internationale, en rentabilisant le sol urbain et en cherchant à attirer de nouveaux investisseurs. À partir d’une enquête de terrain menée autour des futures gares de huit communes de proche couronne, ce livre raconte l’histoire vue par les perdants de cette opération.

Anne Clerval est géographe à l’université Gustave-Eiffel (Marne-la-Vallée). Elle est spécialiste des processus de gentrification, de leurs conséquences pour les classes populaires et du rôle qu’y jouent les politiques publiques.

Laura Wojcik est journaliste au Parisien. Elle sillonne quotidiennement l’Île-de-France dans le cadre de ses reportages et s’intéresse aux enjeux de logement, aux inégalités sociales et à la mobilité dans le Grand Paris.

 

 

Version Papier 20,50 €
Version Numérique 14,99 €
ISBN 9782355222252
ISBN numérique 9782355222269
Parution
Nb de pages 256
Dimensions 140 x 205 mm

Actualités

Extraits Presse

La géographe Anne Clerval et la journaliste Laura Wojcik mettent en lumière les pratiques peu glorieuses de la SEGAT, l’opérateur foncier mandaté par la Société du Grand Paris (SGP), pour exproprier les habitants des quartiers populaires. Derrière le « chantier du siècle » se cache une machinerie inhumaine qui broie les destins des individus. (…) L’expropriation « pour cause d’utilité publique » manifeste alors sa violence et son manque de considération pour les individus concernés. (…) L’essai (…) a le grand mérite de nous alerter sur ce scandale resté jusque-là silencieux.

Matthieu Giroux - Marianne - 15/03/2024

Dans son dernier ouvrage Les Naufragés du Grand Paris Express (La Découverte, 2024) co-écrit avec la journaliste Laura Wojcik, la géographe Anne Clerval dissèque les transformations politiques et sociales aujourd’hui à l’oeuvre dans nombre de communes franciliennes. Alors que les Jeux Olympiques, pierre angulaire du GPE, approchent à grand pas, plongée dans l’autre réalité d’un projet indispensable pour les uns, profondément inégalitaire pour d’autres.

Société de Géographie - 19/03/2024

Dans leur ouvrage « Les Naufragés du Grand Paris Express », Laura Wojcik, journaliste au Parisien, et Anne Clerval, géographe, s’intéressent à ces riverains que les travaux du futur supermétro francilien, déclaré d’utilité publique, contraignent à déménager.

Hélène Haus - Le Parisien - 20/03/2024

C’est un livre d’enquête et d’analyse sur les transformations de quartiers à Paris et autour, avec l’extension des lignes de métro, les nouvelles gares, avec en toile de fond l’arrivée des Jeux olympiques. Écrite par une géographe et une journaliste, cette histoire presque banale d’aménagements urbains est en réalité dramatique pour les habitantEs concernés, surtout évidemment les plus modestes et les plus précaires. (…) Les témoignages sont émouvants, ils expriment une véritable souffrance et démontrent bien les dégâts humains et sociaux des politiques urbaines en place.

Philippe Poutou - L'Anticapitaliste - 21/03/2024

Dans un ouvrage remarquable, les Naufragés du Grand Paris Express, la géographe Anne Clerval et la journaliste Laura Wojcik parviennent à alterner avec brio enquêtes de terrain dans les quartiers détruits et reconstruits, avec souvent pour conséquence le départ de ses habitants les plus pauvres, et analyses sur la gentrification qui accompagne le GPE.

Damien Dole - Libération - 27/03/2024

Les auteures décrivent l’évolution du projet depuis 2004, les batailles de pouvoir qui l’ont orienté, l’absence d’un débat de fond comme d’une réelle concertation publique et comment ce qui devait désenclaver la banlieue s’est transformé en un projet de remaniement urbain faisant la part belle aux investisseurs privés. (…) Elles concluent à la nécessité de penser des politiques publiques qui s’emparent réellement de la question de la construction et de l’organisation de la ville, afin que celle-ci soit accessible à tous, quels que soient ses moyens.

Sandra Déraillot - L'inFO militante - 23/03/2024

Table des matières

Introduction
1. « Personne ne nous a dit qu’on allait devoir partir» :  exproprier et expulser pour construire les gares
Racheter pour démolir et construire les gares 
Une lettre simple ou une réunion pour annoncer qu’il faudra partir
Le rôle prépondérant d’un prestataire : la SEGAT
Des procédures qui s’étirent, des vies en suspens
Des habitants se battent pour obtenir justice : l’expropriation devant le juge 
De la mauvaise nouvelle à l’expropriation : les cinq ans de bataille d’Arnaud
Le traumatisme de l’expropriation pour les plus âgés et les plus fragiles
Ce que révèle l’intervention du juge
Les démolitions touchent aussi des locataires du parc social 
À Gennevilliers, 101 logements sociaux démolis pour une nouvelle gare de la ligne 15
L’enjeu du relogement
La bataille des locataires contre la Société du Grand Paris
2. Les enjeux du Grand Paris dans la métropolisation
Quelques éléments sur la genèse du Grand Paris
Le Grand Paris dans la compétition internationale 

La concurrence entre métropoles mondiales
La primauté des enjeux d’image
Les enjeux urbains et sociaux du Grand Paris 
Nouvelles gares et accumulation de la rente foncière
Dans un contexte de paupérisation des classes populaires
3. « Et après, il y aura qui ? » Les déplacements indirects ont déjà commencé
Le Grand Paris Express pour « en finir avec les ghettos » à L’Haÿ-les-Roses et Aulnay-sous-Bois 
Autour de la future gare de la ligne 14 à L’Haÿ-les-Roses
Autour de la future gare de la ligne 16 à Aulnay-sous-Bois
Rénovation urbaine et grands projets urbains à Romainville et Aubervilliers 
Extension de la ligne 11 et spéculation immobilière à Romainville
ANRU, JO et écoquartier au Fort d’Aubervilliers (ligne 15)
D’autres déplacements indirects encore 
Le déconventionnement du logement social à Gennevilliers-Les Agnettes (ligne 15)
Les mal-logés expulsés à Saint-Denis Pleyel
4. Une politique de peuplement
Qui a intérêt à changer la population des banlieues populaires ? 
Intérêts privés
Outils publics
Les ambiguïtés des mairies communistes
Changement politique et changement de population
L’enjeu majeur du logement des classes populaires dans la métropole parisienne 
Des politiques de logement à rebours des besoins
La mixité sociale contre le droit au logement
La marginalisation symbolique et matérielle des classes populaires dans le Grand Paris 
Des habitants et habitantes conscientes de leur marginalisation
Éviction en périphérie ou accroissement de la ségrégation sociospatiale à l’échelle locale ?
Épilogue. Un autre Grand Paris est-il possible ? 
Les marges de manoeuvre des maires ou des intercommunalités 
Des possibilités locales…
… de plus en plus entravées par l’État…
… et l’absence de projet politique progressiste
Un Grand Paris de gauche 
Historiquement, une idée de gauche
Un projet de gauche pour le Grand Paris aujourd’hui ?
Les obstacles au droit à la ville 
De quel droit à la ville parlons-nous ?
Revenir à Lefebvre : une proposition révolutionnaire
Un fédéralisme autogestionnaire pour le Grand Paris ?
Remerciements
Liste des sigles
Notes.