Les besoins artificiels

Comment sortir du consumérisme

Le capitalisme engendre des besoins artificiels toujours nouveaux. Celui de s’acheter le dernier iPhone, par exemple, ou de se rendre en avion dans la ville d’à côté. Ces besoins sont non seulement aliénants pour la personne, mais ils sont écologiquement néfastes. Leur prolifération sous-tend le consumérisme, qui lui-même aggrave l’épuisement des ressources naturelles et les pollutions.
À l’âge d’Amazon, le consumérisme atteint son « stade suprême ». Ce livre soulève une question simple : comment couper court à cette prolifération de besoins artificiels ? Comment sortir par là même du consumérisme capitaliste ? La réflexion s’appuie sur des chapitres thématiques, consacrés à la pollution lumineuse, à la psychiatrie de la consommation compulsive ou à la garantie des marchandises, pour élaborer une théorie critique du consumérisme. Elle fait des besoins « authentiques » collectivement définis, en rupture avec les besoins artificiels, le cœur d’une politique de l’émancipation au XXIe siècle.
Chemin faisant, le livre évoque la théorie des besoins de Karl Marx, André Gorz et Agnes Heller. Pour ces auteurs, les besoins « authentiques » ont un potentiel révolutionnaire. Comme disait Marx, « une révolution radicale ne peut être que la révolution des besoins radicaux ».

Razmig Keucheyan est docteur en sociologie et professeur de sociologie à l’université de Bordeaux.

 

 

Version Papier 18 €
Version Numérique 12,99 €
ISBN 9782355221262
ISBN numérique 9782355221477
Parution
Nb de pages 250
Dimensions 140 x 205 mm

Actualités

Extraits Presse

De quoi avons-nous vraiment besoin ? Sempiternelle question, qui prend une acuité particulière avec la crise écologique. Mais, comme le montre brillamment l’auteur, il est vain de chercher une réponse individuelle ou dans la nature des choses, car celle-ci est nécessairement collective et politique. […] Un livre à consommer sans modération.

Igor Martinache - Alternatives économiques - 01/09/2019

Quels sont nos besoins réels ? Qu’est-ce qui est de l’ordre du superflu ou de l’« artificiel » ? Dans son essai, le sociologue interroge l’acte d’achat face à l’épuisement des ressources naturelles. Il propose de repenser une politique des besoins associant producteurs et consommateurs.

Simon Blin - Libération - 28/09/2019

De quoi avons-nous «vraiment » besoin ? interroge ce professeur de sociologie à l’université de Bordeaux. Bonne question à l’heure de l’hyperconsumérisme. Pour y répondre, Razmig Keucheyan prend l’exemple de la lumière artificielle et du « droit à l’obscurité » de plus en plus menacé : « L’éclairage artificiel est à la fois un besoin légitime et une forme de pollution à combattre. » Voilà qui nous pousse à repenser notre vision des besoins fondamentaux. L’auteur propose une théorie des nécessités humaines et analyse nos habitudes de consommateurs. Enfin, il pose la question d’une « démocratie écologique », car sans réflexion politique aucun changement n’est envisageable. Une vraie prise de conscience.

Psychologies magazine - 01/10/2019

Le constat, aussi lucide que documenté, est aussitôt suivi de pistes pour hâter l’émancipation de ce mode de vie. Ces pistes sont aussi bien théoriques que pratiques, et Razmig Keucheyan s’emploie à les articuler par l’esquisse d’une « politique des besoins ». […] Le projet de partager des biens extirpés de la logique mortifère du consumérisme est séduisant. Robustes, beaux, personnalisables, ouvragés, sobres, etc., ces biens communs ne seraient plus l’apanage des nantis. Et l’auteur d’en appeler à un « communisme du luxe » qui n’a rien de l’oxymore. À méditer sans modération, avant de passer enfin à l’action.

Arnaud Saint-Martin - L'Humanité - 17/10/2019

C’est pour certains, notamment les plus jeunes, un « besoin » irrésistible : acquérir le dernier iPhone, le plus « beau » jean artificiellement usé, se faire porter un repas par un livreur surexploité… Le sociologue Razmig Keucheyan s’interroge sur les manières de « couper court à cette prolifération de besoins artificiels ». Il en détaille les conséquences quant à la pollution engendrée ou ses effets en termes de compulsion, pour élaborer, avec l’aide de Marx ou de Gorz, « une théorie critique du consumérisme », à la base d’une « politique de l’émancipation au XXIe siècle ».

Politis - 07/11/2019

Table des matières

Prologue. L’écologie de la nuit
Le droit à l’obscurité
L’hégémonie de la lumière
Surveiller et éclairer
Un mouvement contre la « perte de la nuit »
Les besoins, question du siècle
1. Une théorie critique des besoins
De l’aliénation à l’écologie politique
À la recherche des besoins authentiques
Les besoins ont une histoire
Les deux paradoxes des besoins radicaux
Le sceau de l’espèce
2. Déprivation
Biocapitalisme
Cosmocapitalisme
Mouvements de désaliénation
L’aliénation comme déprivation
Freins d’urgence
3. Addicts à la marchandise
Les troubles de la consommation compulsive
Débiteurs anonymes
Ouvriers antialcooliques
Philosophie de la simplicité
Des collectifs à taille humaine
4. Changer les choses
Le système des objets
« Make it new ! »
La garantie et la lutte des classes
Brève histoire de la garantie
Que choisir ?
Protéger l’investissement
Le marché des extensions de garantie
Ouvrir la boîte noire de la marchandise
5. Un communisme du luxe
Des biens émancipés
Un luxe pour tous
L’infrastructure de l’égalité
6. Politique des besoins
De nouvelles alliances
Le consommateur comme producteur
De Au Bonheur des Dames à Amazon
Plus-value logistique et vulnérabilité du capital
7. À la recherche de la démocratie écologique
Scénarios de transition écologique
Le spectre d’une « dictature sur les besoins »
Théâtre des négociations
Une Assemblée du futur ?
Municipalisme libertaire et pouvoir des conseils
8. Retour vers le futur : Gramsci avec Gorz.

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