Technoféodalisme

Critique de l'économie numérique

Au début des années 2020, le consensus de la Silicon Valley se délite. Inégalités folles, stagnation de la productivité, instabilité endémique… la nouvelle économie n’est pas advenue. Les algorithmes sont omniprésents, mais ce n’est pas pour autant que le capitalisme s’est civilisé. Au contraire.
La thèse de ce livre est qu’avec la digitalisation du monde se produit une grande régression. Retour des monopoles, dépendance des sujets aux plateformes, brouillage de la distinction entre l’économique et le politique : les mutations à l’œuvre transforment la qualité des processus sociaux et donnent une actualité nouvelle au féodalisme. L’ouvrage commence par proposer une généalogie du consensus de la Silicon Valley et met en évidence les cinq paradoxes qui le minent.
La thèse centrale est ensuite déroulée, rythmée par des développements sur les GAFA, les chaînes globales de valeur ou encore le système de crédit social chinois. Les grandes firmes se disputent le cyberspace pour prendre le contrôle sur des sources de données. Les sujets sont attachés à la glèbe numérique. Dans l’ordre économique qui émerge, les capitaux délaissent la production pour se concentrer sur la prédation.

Cédric Durand est économiste à l’université Sorbonne Paris-Nord. Ses recherches portent sur la mondialisation, la financiarisation et les mutations du capitalisme contemporain. Il a publié de nombreux articles sur ces thèmes. Il est l’auteur de Le Capital fictif (Les Prairies ordinaires, 2014).

 

 

Version Papier 18 €
Version Numérique 12,99 €
ISBN 9782355221156
ISBN numérique 9782355221637
Parution
Nb de pages 256
Dimensions 140 x 205 mm

Actualités

Extraits Presse

La crise du coronavirus a été un accélérateur du “capitalisme numérique”. Mais que met-on exactement sous cet assemblage ? L’idéologie libéral-libertaire de la Silicon Valley s’est-elle réalisée ? Au contraire, l’économiste Cédric Durand défend l’hypothèse d’une grande régression qu’il appelle “technoféodalisme” : de nouvelles formes de domination associées au numérique, qu’il importe de déconstruire.

Mathieu Dejean - Les Inrockuptibles - 18/08/2020

La Silicon Valley affirme que la prospérité provient de la destruction créatrice du capitalisme chère à Joseph Schumpeter, en particulier de l ’essor du numérique. En témoigne l’appel à faire de la France une « start-up nation ». L’auteur s’emploie à dégonfler ce mythe en mettant en évidence les paradoxes du « nouveau » capitalisme : retour des monopoles, accroissement du contrôle sur les travailleurs, innovation sans croissance, intensification de la polarisation spatiale et, enfin, résilience de l’Etat entrepreneur, sauf au sein de l’Union européenne… […] Cédric Durand pointe des enjeux cruciaux visant sinon à euthanasier, en tout cas à contenir les nouveaux « rentiers de l’intangible ».

Igor Martinache - Alternatives Économiques - 01/09/2020

Qu’est-ce que le capitalisme et le numérique se font l’un à l’autre ? Se pourrait-il qu’un changement de logique systémique soit en train d’advenir et que nos yeux, troublés par l’enchevêtrement des crises du capitalisme, ne l’aient pas encore bien perçu ? C’est cette hypothèse qu’explore l’ouvrage, organisé en quatre temps.

Germain Hartais - Le Monde - 15/10/2020

Table des matières

Introduction
1. Misère de l’idéologie californienne

Le consensus de la Silicon Valley
Cinq paradoxes du nouveau capitalisme
Reféodalisation de la sphère publique
2. De la domination numérique
Le temps de la conquête
Gouvernementalité algorithmique et capitalisme de la surveillance
Une nouvelle glèbe numérique
Automatiser le contrôle social
3. Les rentiers de l’intangible
Monopolisation intellectuelle dans la mondialisation
Les mécanismes de la rente
Trouble dans le monopole
4. L’hypothèse techno-féodale
Qu’est-ce que le féodalisme ?
Logique du techno-féodalisme
Conclusion. Fortunes et infortunes de la socialisation
Annexe I. Productivité et indice des prix, des questions très politiques
Annexe II. L’antitrust hipster contre Chicago

Le paradoxe Amazon
Limites de la concurrence
Remerciements.