Routines cosmétiques en mille étapes matin et soir, engouement pour les produits et les modèles de la K-Beauty – la beauté sud-coréenne –, recours de plus en plus banalisé à la médecine et à la chirurgie esthétiques afin de conserver l’apparence de la jeunesse… Depuis quelques années, la peau est devenue le point focal des pratiques de beauté et supplante même la question du poids dans les préoccupations de certaines jeunes filles. On la veut lisse, sans défaut, d’une perfection aussi irréelle qu’avec les filtres des réseaux sociaux.
Presque quinze ans après Beauté fatale, un premier livre consacré aux normes esthétiques prescrites aux femmes, Mona Chollet se concentre ici sur l’addiction aux cosmétiques, en partant de sa propre fascination pour les crèmes, développée à l’adolescence. Elle fait vivre les personnalités et les histoires d’un univers social souvent méprisé. Elle détaille les ressorts de la séduction exercée par cette industrie, l’imaginaire qu’elle déploie, ses stratégies publicitaires, ses mystifications, ses chausse-trapes. Et se penche aussi sur les implications des injections (Botox, acide hyaluronique…) ou du lifting, par lesquels les femmes sont encouragées à tenter de déjouer l’intolérance sociale à l’égard du simple vieillissement de leur corps.
Mona Chollet est journaliste et essayiste. Elle a notamment publié, chez Zones, Résister à la culpabilisation. Sur quelques empêchements d’exister (2024), Réinventer l’amour. Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles (2021), Sorcières. La puissance invaincue des femmes (2018), Chez soi. Une odyssée de l’espace domestique (2015) et Beauté fatale. Les nouveaux visages d’une aliénation féminine (2012).







